Les traces de l'après burnout
- Veronica

- il y a 1 jour
- 4 min de lecture
3 ans plus tard, avec du recul, je fais le bilan sur les séquelles qu'a laissé le burnout.
Il y a un avant, un pendant, mais aussi un après burnout, et ça peu de gens en parlent; j'aurais aimé savoir tout ça pendant ma reconstruction, ça m'aurait sans doute rassurée.

On peut parler de burnout parental, de burnout professionnel, ou de burnout personnel: pour moi c'est rarement lié à un seul pilier de notre vie. Le point commun est plutôt l'absece de limites que l'on pose.
Voici quelques symptômes que j'ai ressenti pendant le burnout, et qui m'ont suivie.
L’énergie
Avant je fonctionnais à l'adrénaline. J'avais des pics, qui me boostaient et me sur-motivaient, j'étais souvent "à fond", et même dans l'excès. Mais j'appelais ça mon moteur.
Aujourd'hui, je ne suis plus capable de fonctionner à l’adrénaline et à 100% comme avant.
Je n’ai plus ces énormes pics d’énergie qui me permettaient de soulever des montagnes.
Si j’en fais plus que ce dont mon corps est capable, j’ai besoin de récupérer pendant des jours.
Mais pas seulement en terme de travail. Par exemple niveau sport, je m'entraînais généralement en HIIT, j'adorais ça, 30 minutes en intervalles, le coeur pompe, puis se repose, avant de repomper.
3 ans après, je ne suis toujours pas capable de faire ce genre d'entraînement, sans être totalement épuisée après. Mon corps ne l'accepte plus, il voit ça comme un danger, même si je régule mon système nerveux.
Il m’a fallut énormément de temps pour accepter le changement de ma manière de fonctionner, et pour adapter mon mode de vie.
L’hyper-indépendance

Avant, je gérais tout seule constamment; un peu par fierté, un peu par satisfaction personnelle, et surtout pour ne pas être déçue.
Maman solo, employée 40h/semaine, et gérer The Happy Lab 10 à 20h supplémentaires..
Aujourd'hui, je ne sais plus, et je ne veux plus tout gérer seule.
J’ai mis longtemps à accepter que demander de l’aide ce n’était pas être faible et à assumer que j’ai + souvent besoin d’aide depuis le burnout.
Parce que c'est en partie l’hyper-indépendance qui m’a fait plonger.
Hors des cases
J'ai toujours travaillé dans la voie "classique": employée, horaires de bureau, heures supp' à n'en plus finir, dévouée, qui ne dit jamais non aux réunions qui s'ajoutent les unes sur les autres, et au deadlines trop courtes.
Aujourd'hui, je ne suis plus capable de travailler de manière “classique”. Un 8h-17h, rempli de réunions, de deadlines, de sress... je ne sais plus le faire. Mon corps ne suit tout simplement pas.
J’ai besoin de pauses pour respirer, de trier mes tâches, d’avoir de l’espace mental.
Ce n’est pas toujours compris, c’est souvent jugé, mais c’est comme ça que je me sens le mieux.
Et c'est ce qui m’empêche de rechuter: prioriser ma clarté mentale et mes limites.
L’anxiété

Je n’ai jamais eu d’aussi grosses crises d’angoisse que pendant ce burn-out.
J’avais constamment la sensation d’étouffer, de mourir, de ne pas y arriver.
M’endormir était devenu impossible, je me réveillais en crise chaque fois que mes yeux se fermaient.
J'ai développé l’anxiété de l’extérieur aussi, manger au restaurant m’angoissait, sans que je ne sache me l’expliquer.
Ce symptôme s'est heureusement apaisé; mais revient losque je ne respecte pas mes limites, et que j'ai tendance à retomber dans mes travers.
La perte de contrôle
J'ai toujours été quelqu'un dans le contrôle, pour tout. Je laissais peu de place au lâcher-prise.
Pendant le burnout, je n’avais plus aucun contrôle sur mon corps, mes réactions, mon sommeil, mes pensées.
Moi qui sentait venir les choses car tout était sous contrôle (du moins, c'est ce que je pensais), je n’avais rien vu venir, et encore moins la violence d’un burnout
Cela a duré, longtemps, plus d'un an, et j’ai cru que j’allais rester dedans toute ma vie, ce qui accentuait les crises d’angoisse.
La perte du plaisir

J’étais littéralement éteinte, plus rien ne me procurait du plaisir.
Je n’aimais plus manger, ni voir des gens, ni aller au restaurant, même boire de l’eau me dégoûtait.
Tout était un supplice.
J’étais grise, j'ai perdu 6 kilos, et j’étais triste et aigrie. Un solide cocktail, auquel s'ajoutent les "t'as changé" et l'isolement car la plupart des gens ne comprennent pas la violence du burnout.
Après un an et demi, le jour où j'ai à nouveau apprecié un repas, j'ai fondu en larmes; j'avais récupéré 1% de plaisir, et c'était une vraie victoire pour moi.
Finalement
J’ai cru qu’un burn-out était une déprime passagère, et que c'était réservé aux gens faibles.
Ca a été pour moi un trou béant, dans lequel je ne savais plus comment fonctionner.
Avec le recul, je vois cela comme un court-circuit nécessaire pour ne plus jamais vivre au-delà de mes limites, et sans m'écouter. Pour être honnête, j'ai vécu des choses difficiles dans ma vie, mais j’ai rarement vécu quelque chose d’aussi dur qu'un burnout.
Besoin d'aide pour savoir si vous êtes en burnout, ou pour en sortir?
Après avoir eu très difficile à trouver un accompagnement complet, je me suis formée en neurosciences, en programmation neuro-linguistique et en traitement du burnout afin de pouvoir aider à mon tour ceux qui vivent la même chose.
Je sais à quel point on peut se sentir incompris, à quel point il est difficile de réaliser que l'on n'a plus le contrôle, et d'avoir l'impression de ne plus fonctionner. Que malgré le fait de dormir, cette fatigue persistante est décourageante, et on ne sait plus quoi faire pour aller mieux.
N'hésitez pas à bloquer un créneau pour en discuter, et recevoir déjà quelques pistes pour vous sentir mieux:
Séances présentielles à Waterloo, ou en visio..



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